
Catégorie REFLEXIONS.
Publié le 18 décembre 2005 par Henri-Blaise N’damas.
Mise à jour le dimanche 18 décembre 2005
Il y a quelques jours, le 1er décembre 2005, le Centrafrique commémorait le 47ème anniversaire de la proclamation de la République.
Cette petite fête, tout ce qu’il y a de vraiment inutile à mon avis, aurait coûté 100 millions de FCFA à l’Etat Centrafricain.
Et pendant ce temps, les agents de l’Etat accusent plusieurs mois d’arriérés de salaires et survivent tant bien que mal dans une misère intolérable.
Le bon sens m’empêche de comprendre que des personnes censées être des responsables politiques nationaux, c’est-à-dire responsables du devenir de plusieurs millions de personnes, puissent se permettre d’organiser une fête inutile qui coûte des dizaines de millions de FCFA alors que les caisses de l’Etat sont désespérément vides !
A quelle crédibilité ces responsables peuvent-ils prétendre quand ils font le tour des capitales africaines et européennes pour toujours quémander de l’aide afin d’assurer le fonctionnement de leur pays ?
Depuis quelques années, le 1er décembre est aussi la journée mondiale contre le sida. Une bien triste coïncidence quand on sait que la République Centrafricaine est l’un des pays d’Afrique subsaharienne voire du monde les plus touchés par cette pandémie.
Les chiffres du dernier rapport de l’ONUSIDA font froid dans le dos. Le SIDA en Afrique, c’est :
2/3 des séropositifs et malades du sida (25,8 millions de personnes) ;
3/4 des femmes vivant avec le virus du sida (13,5 millions de personnes) ;
2,4 millions de morts en 2005 ;
3,2 millions de personnes contaminées en 2005.
En Centrafrique, le taux de prévalence est officiellement de 14%, mais en réalité, le chiffre serait plus près de 20% voire 25%. Ce qui veut dire, grosso modo, que 1 Centrafricain sur 4 a le sida...
Et, au lieu de se mobiliser et de sensibiliser le peuple par rapport à cette « arme de destruction massive », les « élites dirigeantes » centrafricaines préfèrent aller festoyer à Bangassou. Quelle inconscience !
Compte tenu de la conjoncture économique très défavorable et des difficultés de trésorerie que connait la RCA, il me semble plus judicieux et surtout plus raisonnable de commémorer de façon modeste les différentes dates de notre histoire. 100 millions de FCFA, c’est beaucoup et beaucoup trop quand on a rien et qu’on passe son temps à mendier auprès de la communauté internationale.
D’ailleurs, le peu d’argent qui arriverait dans les caisses du Trésor Public devrait servir prioritairement à régler les dépenses de fonctionnement (comme les salaires, ce qui pourrait relancer un peu l’économie nationale), à investir dans les secteurs productifs et à relever les défis majeurs en termes de santé publique que nous pose la pandémie du sida.
Malheureusement, en Centrafrique, le bon sens n’existe pas chez les dirigeants et autres ordonnateurs des dépenses publiques.
Pauvre Centrafrique !
HB
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