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03/11/2006 - Ce que m’inspire la prise de Birao et la "débandade" des libérateurs

Catégorie REFLEXIONS.
Publié le 8 novembre 2006 par Henri-Blaise N’damas.
Mise à jour le mercredi 8 novembre 2006

BANGUI (AFP) - 30/10/2006 17h43 - Des rebelles ont pris lundi, au terme de brefs combats avec l’armée, le contrôle de la ville centrafricaine de Birao, située à plus de 800 km au nord-est de Bangui, dans une zone proche des frontières soudanaise et tchadienne en proie depuis des mois à l’insécurité.

Cette nouvelle n’avait rien de surprenant pour tout observateur attentif de la géopolitique sous-régionale.

Ainsi donc, ceux que le général-président et ses sbires qualifiaient de simples "coupeurs de route" ou de "bandits de grand chemin" ont désormais accédé au statut de rebelles. Surtout, ils ont "mis en déroute des éléments de l’armée nationale" de Bozizé. Pire, un haut gradé Centafricain a même parlé de "débandade" (Action de se disperser, de rompre les rangs.• A la débandade : sans ordre, confusément.) !

La patrie étant en danger, le général Bozizé a dû rentrer précipitamment de Paris où il faisait escale (pour vérifier si le poulet-fumé au gombo accompagné de semoule est toujours aussi bon sur les bords de la Seine ?) sur le chemin de Pékin. Mais, au lieu de se rendre directement sur le théâtre des opérations, histoire de montrer à ces coupeurs de route qu’il mérite vraiment ses 5 étoiles de général d’armée, il s’arrête à N’djaména pour prendre des ordres auprès de "Déby-de-boisson" ! En plus, il ne trouve rien de mieux que de se confondre en amabilités vis-à-vis du président Béchir qu’il traite même de "grand frère" alors qu’il est notoirement connu que les rebelles qui ont pris Birao viennent du Soudan voisin !

Quelle bêtise et quelle naïveté ! Il me parait fort dommage qu’un chef d’Etat ne soit pas à même de tirer des leçons des mésaventures qui sont arrivées à ses prédécesseurs : Bokassa a été viré manu militari par son "cousin et cher parent" Valéry Giscard d’Estaing en 1979 et, plus près de nous, le tristement célèbre "Déby-de-Boisson" est venu à Bangui se réconcilier avec son "frère" Patassé début 2003 avant de lui envoyer les "libérateurs" du général-putschiste quelques semaines plus tard...

Bozizé ne doit pas se leurrer : Il n’y a pas de sentiment en politique. Et le musulman Béchir n’a absolument rien à faire d’un petit-frère chrétien et pasteur. Il a juste besoin de donner une bonne raclée à Déby qui soutient les zakawas rebelles au régime de Khartoum.

Bon, je conçois que les règles de la géopolitique puissent échapper à Bozizé, après tout, ce n’est qu’un militaire et nous nous devons d’être indulgents avec lui.

Mais, il est quand même trivial de crier au loup aujourd’hui à propos de ces rebelles alors qu’il y a moins de 5 ans on a été soi-même rebelle, non ?

Il est vrai que c’est malheureusement le pauvre peuple de Centrafrique qui fera encore les frais de cet énième épisode de la folie de ses hommes.

Mais, “un voleur qui vole un autre voleur, même Dieu rigole”...

Fraternelles salutations.
HB



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