
Catégorie COUPS DE GUEULE.
Publié le 17 avril 2006 par Henri-Blaise N’damas.
Mise à jour le vendredi 14 avril 2006
Dans la nuit du 9 au 10 avril, près de Yaloké (225 km au nord-ouest de Bangui), des hommes armés non identifiés (probablement de "simples coupeurs de route") ont attaqué un convoi médical tuant deux médecins Centrafricains, les docteurs Eric Kassa-Kélhembo et Joachim Kaba Mebri qui se rendaient en mission à Bouar.
Un acte aussi ignoble, un crime aussi odieux ne peut être que condamné fermement. Leurs auteurs, commandiataires ou exécutants, doivent être recherchés et condamnés avec une extrême rigueur et une vraie fermeté.
Car, la tragique disparition de ces deux compatriotes n’est pas seulement une perte pour leurs familles biologiques. Mais c’est aussi une perte inestimable pour le Centrafrique.
L’Etat Centrafricain a effectué un investissement important pour former ces jeunes cadres talentueux qui, malgré les sirènes de l’émigration, ont choisi d’exercer dans leur pays, auprès de leurs compatriotes. Par la folie et la bêtise humaines, l’Etat Centrafricain a perdu des fils méritants et valables.
Ceci, d’autant plus que le dernier Rapport que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vient de publier démontre de l’insuffisance des personnels de la santé, et notamment des médecins dans la zone d’Afrique subsaharienne dans laquelle se situe le Centrafrique.
Selon ce rapport sur la santé dans le monde publié à l’occasion de la journée mondiale de la santé le 7 avril 2006 « Au moins 1,3 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès aux soins les plus élémentaires, souvent faute de personnel pour les soigner. La pénurie est mondiale, mais particulièrement aiguë dans les pays écrasés par la pauvreté et la maladie alors que ce sont eux qui ont le plus besoin de personnel soignant. C’est en Afrique subsaharienne que la pénurie est la plus grave, région qui compte seulement 3 % des agents de santé dans le monde alors qu’elle abrite 11 % de la population mondiale et enregistre 24 % de la charge mondiale de morbidité ».
Il faut noter également qu’en Afrique, on dénombre en moyenne 2,3 médecins pour 1000 personnes alors que ce ratio est de 18,9/1000 en Europe et 24,8/1000 en Amérique du Nord.
Ainsi donc, notre pays manque cruellement de médecins, mais on en assassine tout de même ! Quelle bêtise !
Les principaux coupables de ces crimes ? D’abord, l’Etat Centrafricain (aujourd’hui représenté par le régime de Bozizé), incapable d’assurer la sécurité de ses agents ; ensuite les faux "coupeurs de route" et vrais rebelles qui plongent 80% du territoire national et 99% de la population dans une insupportable insécurité.
Dans les conflits, les médecins observent généralement une certaine neutralité car leur principale mission est de soigner, de soulager les douleurs des hommes. Pourquoi s’en prendre à ceux-là ?
Enfin, les autorités de Bangui, d’habitude si promptes à monter au créneau quand un "libérateur" se fait trucider se montrent étonnament silencieuses.
Le vassal de l’ex-rebelle Déby Itno doit se faire un sang d’encre en imaginant son sort quand le régime vacillant de N’djaména tombera définitivement... Surtout, s’il y a des rebelles qui viennent assassiner d’innocents citoyens aux portes de la capitale Centrafricaine.
Pour finir, j’adresse mes sincères condoléances aux familles durement éprouvées par ces pertes. Tout en espérant que les coupables seront retrouvés un jour et sévèrement punis.
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