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Pilotage à vue et mendicité, encore et toujours !

Catégorie COUPS DE GUEULE.
Publié le 20 février 2006 par Henri-Blaise N’damas.
Mise à jour le lundi 20 février 2006

L’interview accordée fin janvier par le général-président Bozizé à François Soudan, journaliste de l’hebdomadaire Jeune Afrique a beaucoup fait jaser dans les chaumières Centrafricaines.

Le titre retenu par le journal « Qu’attendez-vous pour nous aider ? » est tout un programme.

Voilà un Chef d’Etat qui n’arrête pas de bassiner son peuple avec les vertus du travail ("Kwa Na Kwa", littéralement Le Travail, rien que le Travail) au point d’en faire son principal slogan électoral, qui passe son temps à tendre sa main de mendiant et, quelque part, à vouloir reprocher aux partenaires internationaux de ne pas aider suffisamment la République Centrafricaine ! Une superbe illustration du « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais », car n’oublions pas que le général-président-ministre est aussi un pasteur...

Qui lui a conseillé de prendre le pouvoir en espérant obtenir les seules aides internationales pour développer son pays ?

Peut-on, sérieusement prendre la tête d’une « libération » (en réalité une rébellion sanglante) sans avoir un minimum de projet de société pour son peuple ?

De quoi a t-il « libéré » le peuple Centrafricain le 15 mars 2003 ?

François Bozizé affirme sans rire que depuis le 15 mars 2003, date de son putsch, « les acquis ne sont pas minces : Retour progressif de la confiance et de la sécurité, retour à la légalité constitutionnelle, élections démocratiques ». Rien que cela !

Alors que dans la réalité, l’insécurité est revenue sur 80% du territoire national et que les bruits de bottes se font de plus en plus insistants dans le Nord Centrafricain avec les conséquences dramatiques que l’on sait sur le plan humanitaire.

Il est fort dommage de constater, en lisant cette interview, que malheureusement François Bozizé n’a aucune vision pour son pays, aucun programme de développement pour son peuple si ce n’est mendier, mendier, encore et toujours. Et, en attendant que les généreux donateurs veuillent bien se dessaisir de quelques malheureux euros ou dollars, ce sont les Centrafricains qui souffrent. Encore et encore. Mais jusqu’à quand ?

La République Centrafricaine de Bozizé et de ses « libérateurs » est uniquement pilotée à vue.
Quelles solutions propose le régime Bozizé pour faire face aux différents problèmes socio-économiques qui se posent cruellement au Centrafrique d’aujourd’hui ?
Que faire pour résoudre le problème des arriérés de salaires dans la fonction publique ?
Comment réformer l’école afin d’arrêter de sacrifier bêtement des générations entières de jeunes Centrafricains ?
Comment restaurer l’autorité de l’Etat ? Et la sécurité des biens et des personnes ? Et les droits de l’Homme ? Et l’impunité ?

Les sujets sont nombreux et les chantiers vastes et inombrables. Jeune Afrique vient d’offrir une bien belle occasion à François Bozizé pour redorer son blason (de putschiste multirécidiviste) et montrer enfin qu’il peut avoir la stature d’un vrai homme d’Etat. Malheureusement, pour lui et pour le peuple Centrafricain, ce fut un rendez-vous manqué.

Mais, pouvait-on s’attendre à autre chose ou bien à rêver à mieux ? N’oublions pas, que tout président de la République qu’il soit, ce n’est qu’un militaire... CQFD ?

Pauvre Centrafrique.
HB.



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