
Catégorie COUPS DE COEUR.
Publié le 31 janvier 2006 par Henri-Blaise N’damas.
Mise à jour le mardi 31 janvier 2006
Il y a quelques jours, le 22 janvier dernier, Evo Moralès, le premier président indien d’amérique latine a prêté serment et pris ses fonctions de Chef d’Etat.
Ses premiers actes de président sont porteurs d’espoirs, non seulement pour son peuple, mais pour tous les damnés de la terre qui espèrent un jour ou l’autre prendre en mains leur propre destinée.
Comment peut-on avoir le coeur à gauche et ne pas s’intéresser à ce « phénomène » qu’on souhaite vivement voir être généralisé ?
Je voudrais donc saluer ici ce président bolivien, autodidacte et ancien planteur de coca, dont les pulls bariolés ont fait hurler toutes les fashion-victims de la planète.
Comment ne peut-on pas être interpellé par cet homme d’Etat qui boycotte ostensiblement le traditionnel « costume-cravate » pour une chemisette, une veste en cuir ou un pull en alpaga, que ce soit lors de ses rencontres avec les grands de ce monde que lors de la cérémonie solennelle de sa prestation de serment ?
Ceci, d’autant plus qu’il rappelle à ceux de ma génération un grand Africain que nous admirons beaucoup, le président Thomas Sankara qui n’a eu de cesse d’encourager la consommation des produits locaux et de miser fortement sur le développement d’un réel marché intérieur et la réduction de la pauvreté dans son pays pendant sa trop courte présidence.
Quelques jours après son intronisation, respectant l’engagement annoncé en campagne électorale, Le président Moralès a réduit son salaire de plus de la moitié (-57%).
Comment ne pas le comparer alors au président Sankara qui , bien avant lui, avait réduit fortement le train de vie de l’Etat Burkinabé ?
Né dans une pauvreté extrême, l’ancien syndicaliste Evo Morales n’a jamais renié son style ni ses origines modestes.
Même Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix, ancien archevêque du Cap et héros de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, a été « impressionné » par la « remarquable humilité et la chaleur » du président Moralès.
Homme de dialogue, le président Moralès a déjà pardonné les Etats-Unis pour les « nombreuses humiliations et accusations lancées à [son] encontre" car, dit-il, « il faut parier sur le dialogue dans la recherche de la paix et de la justice sociale ».
Je souhaite que le président Moralès demeure, le plus lontemps possible, fidèle à ses convictions, fier de ses origines et de son statut de « président des pauvres » afin de pouvoir remporter la victoire dans sa lutte visant « à garantir la paix et la justice sociale ».
Je souhaite également que les leaders et/ou aspirants leaders Africains se tournent un peu plus vers l’Amérique Latine qui a déjà donné au monde en entier de véritables mythes révolutionnaires : Ernesto Guevara dit « le Che » et le « líder máximo de la Revolución Cubana » alias Fidel Castro.
Je laisse le mot de la fin au président Moralès : « Nous ne voulons pas de dialogue ni de relations internationales caractérisés par la soumission ou la subordination ».
La lutte continue, et la victoire certaine.
HB.
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