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(StopInfos) Climat de peur au Nord de la Centrafrique

Catégorie LU POUR VOUS.
Publié le 10 novembre 2005 par Henri-Blaise N’damas.
Mise à jour le mardi 15 novembre 2005

le 09 novembre 2005

Des groupes armés s’attaquent à la population centrafricaine au nord du pays, à la frontière entre la Centrafrique (RCA) et le Tchad. Depuis plusieurs semaines maintenant, les violences se sont succédées et aggravées malgré la présence des Forces armées centrafricaines (FACA).

Mises à sac des villages, viols, kidnappings d’enfant, tous les moyens sont bons pour terroriser la population centrafricaine du Nord de ce pays enclavé d’Afrique centrale. Les groupes armés à l’origine de ces attaques n’ont pas encore été clairement identifiés. Lors de la prise de pouvoir du Général François Bozizé, en mars 2003, plusieurs milliers de personnes s’étaient déjà réfugiées au Tchad voisin. Les élections présidentielles et législatives du printemps dernier avaient suscité l’espoir d’un retour proche. C’était sans compter avec la multiplication des attaques perpétrées par diverses bandes armées. La prolifération de ces groupes est en partie due à la quantité importante d’armes en circulation dans le pays. Les nombreux soulèvements militaires et les tentatives de coup d’État, depuis 1996, en sont à l’origine.

Rebelles ou bandits de grand chemin ?

Coupeurs de route, anciens militaires tchadiens à la botte de Bozizé ou rebelles en puissance... les suspects sont nombreux mais les coupables pas encore identifiés malgré les nombreuses rumeurs donnant Abdoulaye Miskine, ancien chef de la sécurité du président déchu Ange Félix Patassé et ancien officier supérieur centrafricain, comme principal leader de la rébellion. D’autres parlent de coupeurs de route, localement appelés zaraguinas, des bandits de grand chemin qui rançonnent les commerçants, d’autres encore des anciens libérateurs qui ont aidé Bozizé à prendre le pouvoir le 15 mars 2003. Ces derniers ont estimé insuffisantes les primes de départ que le gouvernement leur a versées. Priés de retourner dans leur pays, le Tchad, ceux-ci ne semblent pas avoir franchi la frontière et continuent de sillonner le Nord de la Centrafrique. Quels qu’ils soient, il n’en reste pas moins qu’ils sèment la terreur sur leur passage.

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 15 000 personnes ont fui les exactions et se retrouvent dans des camps à la frontière tchadienne. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel, mi-octobre, à la communauté internationale. Les réfugiés installés au sud du Tchad, dans la région de Gorée notamment, voient les stocks de nourriture diminuer au fil des semaines. Une pénurie alimentaire est à craindre dans les prochains mois si rien n’est fait pour leur venir en aide. Par crainte des attaques, les paysans n’osent plus se rendre sur leur parcelle de terre pour récolter leur moyen de subsistance.

La force de la CEMAC en renfort

Pour la première fois, depuis août dernier, des soldats de la force multinationale de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (FOMUC) ont été déployés hors de la capitale, Bangui. 80 d’entre eux ont été envoyés à Bozoum (Nord ouest de Bangui) pour aider les FACA à rétablir la sécurité. Leurs patrouilles communes ont permis, d’après le ministère de la Défense, de récupérer des armes abandonnées par des bandes à l’origine notamment de la mort d’un soldat centrafricain et d’un civil, lors de l’attaque du village de Markounda, le 27 septembre dernier. Après avoir nié la présence de groupes armés dangereux au nord du pays, le président François Bozizé semble avoir enfin pris la mesure de la situation. Il faut espérer qu’il ne soit pas trop tard pour une population déjà minée par la pauvreté et les incessantes crises militaro-politiques qui plombent le pays.

Delphine Tissier

Source : StopInfos



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